03 août 2008
Croatie
No comment...

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16 juillet 2008
etoiles estivales (9)

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15 juillet 2008
etoiles estivales (8)
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etoiles estivales (7)

Rencontres Photographiques d'Arles, 11 et 12 juillet 2008
Commissaire invité Christian Lacroix... du coup, de la photo de mode à toutes les sauces! Hurg...
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09 juillet 2008
etoiles estivales (7)
Sonia de Tatiana Tolstaia
festival d'Avignon, 7 juillet 2008
Alvis Hermanis dirige le Nouveau Théâtre de Riga, en Lettonie, depuis bientôt dix ans. À 42 ans, il est à la tête de cette institution d’État, pourvue d’une troupe permanente de vingt-cinq comédiens, dont une partie de la programmation est consacrée au répertoire classique, surtout des auteurs allemands et russes. Par ailleurs, il monte des textes plus contemporains, comme Sonia de l’auteure russe Tatiana Tolstaia ; il met également en scène des spectacles inspirés d’éléments de la vie concrète, tel Long Life, sans doute sa création la plus connue, ayant bénéficié d’une importante tournée internationale, pièce qui propose des séries de variations mélancoliques autour de la vie des vieillards et de leur vision du monde si particulière. Les spectacles d’Alvis Hermanis et du Nouveau Théâtre de Riga sont le plus souvent des créations personnelles et collectives avec les acteurs, nées de différentes sources d’inspiration, de leur propre expérience, de la littérature, comme La Glace de Vladimir Sorokine ou encore l’album de Simon and Garfunkel, The Sound of Silence. Le théâtre d’Alvis Hermanis illustre une forme inventive de synthèse entre deux filiations contradictoires : la dramaturgie germanique, architecturée, pensée, abstraite, raisonnée, et l’espace du jeu russe, décalé, éclaté, désordonné, parfois encombré d’une certaine folie. Le travail de Hermanis avec ses acteurs, point essentiel de sa démarche, semble constamment tendu entre ces deux lignes.
Tatiana Tolstaia est née en 1951 à Saint-Petersbourg. Elle est issue d’une famille marquée par une riche tradition littéraire. Après des études à l’université d’État de Leningrad, elle s’installe à Moscou où elle travaille dans une maison d’édition avant de se consacrer entièrement à l’écriture. En tant que journaliste, Tatiana Tolstaia a écrit sur la littérature mais aussi sur les événements actuels en Russie. Aujourd’hui, elle vit et travaille entre les États-Unis, où elle enseigne à l’université, et la Russie. Elle est reconnue comme l’un des plus grands écrivains russes actuels.
Deux hommes au physique mal dégrossi pénètrent dans un appartement désuet, jouant devant nous des personnages avec une virtuosité époustouflante. L’un se transforme en Sonia, une femme pleine de contrastes, voire de contradictions: rêveuse, solitaire, romantique, innocente et naïve, mais également femme d’intérieur, briquant la vaisselle, cuisinant ses gâteaux, prête à tous les sacrifices. L’autre est une sorte de projection bien réelle et imaginaire des hommes qu’elle n’a pas eus, mais aussi l’incarnation de cette société cruelle qui la manipule, lui fait du mal, et la conduit jusqu’au désespoir, jusqu’au mélodrame. La féminité est omniprésente alors que la femme est pourtant absente du plateau. C’est la volonté de vivre dans un rêve, tout en affrontant vaillamment l’ordinaire et la misère de l’existence, qu’illustre ce spectacle. Sa force vient de sa radicale simplicité : deux hommes pour jouer le monde entier, à la Beckett, qui passent d’un registre à l’autre avec une facilité étonnante – du burlesque au tragique, du drolatique au pathétique, du rêve d’amour au sentiment prenant de la mort –, et un décor ordinaire, banal, reconstituant jusqu’à l’obsession fétichiste un intérieur russe sans éclat des années trente. Si bien que Sonia offre le présent rare d’un spectacle autonome, qui se suffit à lui-même : tout s’engendre sans artifice extérieur ni coup de théâtre forcé. Comme si, par emboîtement des histoires, intrication des destins, mélange des registres, l’existence pétrifiée de ces deux hommes pouvait soudain reprendre vie sur scène. Avec rigueur, selon un joyeux bricolage de gestes et d’objets, tout s’enchaîne dans l’invention d’une figure imaginaire, qui semble à la fois la clé et la malédiction du spectacle.
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etoiles estivales (6)

Wolfskers, de Jeroen Olyslaegers, mise en scène Guy Cassiers
Festival d'Avignon, 6 juillet 2008
De ses études d’art graphique, Guy Cassiers a gardé le désir de fabriquer des images, utilisant pour cela tous les nouveaux médias, en particulier la vidéo. Préférant travailler sur des adaptations littéraires, il a traversé l’œuvre de Marguerite Duras, de Salman Rushdie, de Marcel Proust, de Jeroen Brouwers. Dans des lieux atypiques, avec acteurs, plasticiens et scénographes, il crée entre Pays-Bas et Flandre belge des spectacles qui ont souvent la mémoire comme centre de gravité. Directeur du RO Theater de Rotterdam de 1998 à 2006, il a été nommé en 2006 directeur du Toneelhuis d’Anvers, qu’il dirige avec six créateurs qu’il a choisis, dont font partie Benjamin Verdonck (voir p. 44) et Sidi Larbi Cherkaoui (voir p. 68), également invités cette année au Festival d’Avignon.
Au Festival d’Avignon, Guy Cassiers a déjà présenté Rouge décanté de Jeroen Brouwers en 2006 et Mefisto for ever de Tom Lanoye en 2007.
Jeroen Olyslaegers a été critique de cinéma, chroniqueur de radio et comédien ; aujourd’hui, il écrit des textes de théâtre.
Dramaturge au Toneelhuis, Erwin Jans enseigne à l’université, dirige la revue Freespace Nieuwzuid et publie dans divers périodiques.
Romancier, poète, conférencier, chroniqueur et auteur dramatique, Tom Lanoye se bat contre la corruption des esprits dans une région où l’extrême droite est un véritable danger. C’est avec son adaptation en une seule pièce des tragédies historiques de Shakespeare qu’il s’est fait connaître. Récemment, il a écrit Mamma Médéa, Fort Europa et Mefisto for ever.
Dans Wolfskers, deuxième étape de son “Triptyque du pouvoir”, Guy Cassiers, après le premier volet Mefisto for ever, s’inspire des trois scénarios du cinéaste russe Alexandre Sokourov, Taurus, Moloch et Le Soleil. Une journée particulière dans la vie de trois hommes particuliers, de trois symboles du pouvoir absolu qui broie les individus : Lénine, Hitler et Hiro-Hito. Le premier, affaibli, attend Staline pour tenter une dernière fois de le priver de sa succession ; le second, attend son artiste préféré, l’architecte Albert Speer, au moment de ses premières défaites en Russie ; Hiro-Hito, empereur-dieu du Japon, attend le général américain Mac Arthur, au lendemain d’Hiroshima… Trois hommes qui ont voulu incarner un peuple, trois mythes vivants qui ont réussi à théâtraliser leur vie pour devenir des héros censés atteindre l’immortalité. C’est au moment où le pouvoir s’effrite, au moment où l’impuissance se fait jour qu’ils nous sont présentés, entourés de leurs proches. Ils dissertent sur l’avenir de “leur” monde sans se rendre compte qu’ils sont devenus prisonniers de leurs fantasmes. Tout commence à se déliter, la léthargie les gagne, le pouvoir agissant comme un poison à action lente, cette “belladone” (“wolfskers” en flamand) les mène à la destruction. Guy Cassiers sait parfaitement créer cette ambiance de déréliction, de perte de soi, en mettant ses talentueux acteurs au centre d’un dispositif scénique et vidéographique fascinant et d’une rare efficacité, puisqu’il nous permet d’être à la fois dans le présent des actions et dans l’univers mental des protagonistes. JFP
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